Dhakirate El Madina TENES (son histoire et ses traditions) Suite et fin
Ténès a une histoire plusieurs fois millénaire très riche. D’autres faits et coutumes sont attribués à Ténès et qui pourraient être classés comme peut-être dans les coutumes et traditions, c’est l’histoire du Christianisme et ses différents factions : Le Donatistes, les Rogatistes et les Catholiques. Cela se passait durant les premiers siècles de l’invasion romaine. Les Donatistes qui se prenaient pour les purs des purs et des saints étaient très violents. Rogatus Maurus, qui était contre leur façon de faire, condamne la violence qu’ils utilisaient dans la religion et les considérait comme des extrémistes dans la religion chrétienne et fonda un autre courant appelé « Le Rogatisme » d’où le nom de ses adeptes « les Rogatistes ». Il était vraisemblablement issu de Ténès d’où son nom « Maurus » qui veut dire en latin, habitant de la Maurétanie. Les « Rogatistes » étaient considérés comme non violents.
Rogatus Maurus fut le premier Evêque de Ténès à peu près en l’an 370 après J.C. D’après les historiens, il se sépara du parti des Donatistes par l’Edit de « Julien l’Apostat » entre 361 et 363 après J.C. qui accordait aux Rogatistes, la restitution de leurs églises. Le deuxième Evêque de Ténès fut Vincentius qui régna sur l’église à Ténès de l’an 370 et 419 de l’ère chrétienne. Cet Evêque fut connu grâce à une longue lettre de 50 pages qui lui a été adressée en 408 par Saint Augustin.
Avec l’arrivée de musulmans, Ténès connut une ère d’érudits qui ont fait connaître leur ville par leurs écrits et leurs voyages tant en Afrique du Nord que dans les pays du Moyen-Orient.
Monsieur Boudia Mohamed, écrivain citera ensuite quelques-uns parmi les plus illustres de leur temps
-Abou Is’hak Ibrahim ibn Yekhlef Ibn Abdesselam Ettensi, qui est né à Ténès qui y étudia puis partit pour Bédjaïa parfaire ses connaissances. Il se dirigea ensuite vers le Moyen-Orient et fut disciple d’El Karafi, d’Ibn Eddakik Elaïd et de Chems-Eddine El-Isbahani puis revint à Ténès pour y enseigner. Lorsque Yaghmoracen Ibn Ziane occupa la ville de Ténès, il le prit avec lui à Tlemcen où il créa des universités avec ses enfants et disciples. Parmi eux nous pouvons citer Abdellah Ibn Merzoug, Djed Eldjed, Abou Abdellah Ibn Elhadj El-Abdari qui est l’auteur de « Medkhel ». Le plus important de ses ouvrages est l’explication du livre en dix volumes de Ibn Abi Mohamed Abdelwahid El Maliki « Méthodes et pédagogie de l’Enseignement ». Il mourut en l’an 680 de l’hégire et fut enterré à Tlemcen.
-Abou El Hassan Ibn Yekhlef Ettensi, frère de Abou Is’hak Ettensi. Il remplaça sont frère dans l’enseignement et eut une grande notoriété auprès du Roi Yaghmoracen ainsi qu’auprès du roi Abou Saïd 1er. « Explication de la diction » en dix volumes a été l’une de ses plus grandes œuvres. Une autre œuvre aussi grandiose, « Logique et Méthodes de calcul ». Plusieurs autres œuvres en Théologie furent écrites dont « El Batine oua Eddhahir », « El Mahçoul », etc.… Il mourut en l’an 706 de l’Hégire (1328) et fut enterré à côté d’Abou Médiène Chouaïb, Saint patron de Tlemcen.
-Ali Ibn Mohamed Ben Ahmed Ben Mohamed Ettensi est né à Ténès en 831 de l’Hégire (1455). Il siégea entre autres dans les cours de Syrie comme Docteur de Lois. Parmi ses œuvres nous pouvons citer : « El Ouçoul Fi Eddine », « El Aadh », « Métaphores et rythme », « Sciences de la communication ». Il décéda le 7 Choual de l’an 875 de l’Hégire (1497).
-Mohamed Ibn Abdeljalil Abou Abdellah Ettensi qui était disciple d’Abi Elfadhil Ibn Merzoug, d’El Okbani, d’Ennediari, de Tazi et d’Ibn El Abbas. Il enseigna la philosophie, la psychologie ainsi que les sciences juridiques. Ses œuvres les plus importantes sont : « Structure des hiérarchies et la désobéissance dans l’Etat Zianide », « Sciences juridiques – Edhabt », « l’âme des âmes ». Il fut le premier à parler des Juifs de Taout. Il mourut en l’an 899 de l’Hégire ( 1521).
Parmi les lieux de prières et d’enseignement, nous pouvons citer la mosquée de « Sidi Bou Maïza » qui date du 10 siècle. La mosquée de « Lala Azziza » Fille du Saint « Sidi Mérouane », la mosquée de « Sidi Belabbès »,
Plusieurs ruines et trésors ont été découverts sur le site de la ville de Ténès (Cartenna). Certains objets sont exposés à Alger au musée national. D’autres objets sont exposés au musée de Ténès.
Il terminera par le rite du Saint Patron de la région de Ténès. Le Saint Patron de Ténès « Sidi Maâmar » et le rite nuptial ou « Orf Sidi Maâmar » est une pratique qui a été laissée aux habitants de toute la région s’étendant de Cherchell à Ténès jusqu’à Ami Moussa (Lahlaf) et qui consiste à ne pas exagérer sur la dot de la mariée ou du marié. Le « Saint Sidi Maâmar », a fait jurer à ses disciples, enfants et arrière-petits-enfants, de respecter ses dernières volontés en matière de dot. Il leur avait demandé d’exiger seulement une pièce de 10 ou 20 francs en or ou en argent, un quintal de semoule, un mouton, un pot de beurre entre 3 et 5 kg et que celui qui transgresserait cette pratique sera damné jusqu’à l’éternité. Cette pratique est d’une portée sociale impressionnante car elle permet aux jeunes de se marier, abstraction faite de leur situation sociale et matérielle.
Les auditeurs ont été émerveillés par l’émission et ont tenu à y participer effectivement pour apporter leur contribution à l’histoire et aux coutumes et rite de leur région.
Monsieur Abdelkrim El Houari, navré car pressé par la fin de l’émission s’excusa auprès de ses auditeurs en leur donnant rendez-vous pour la semaine suivante pour une nouvelle émission sur Ténès et ses traditions.
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