Dhakirate El Madina TENES (son histoire et ses traditions) 1ère Partie
Le samedi 30 Mai 2009 a vu la radio régionale Chlef (87.7 FM) a été honorée par la présence de Messieurs Mohamed Boudia, cadre de l’enseignement et écrivain, Tiab Mohamed, écrivain, Medjdoub Ali, Journaliste et écrivain ainsi que Hasnaoui Djamel, spécialiste en archéologie pour débattre le sujet sur l’histoire de Ténès et ses légendes,
Histoire et légendes de Ténès (Carthénnae)
Le samedi 30 Mai 2009 a vu la radio régionale Chlef (87.7 FM) a été honorée par la présence de Messieurs Mohamed Boudia, cadre de l’enseignement et écrivain, Tiab Mohamed, écrivain, Medjdoub Ali, Journaliste et écrivain ainsi que Hasnaoui Djamel, spécialiste en archéologie pour débattre le sujet sur l’histoire de Ténès et ses légendes, dans l’émission « Dhakirate El Madina » initiée et dirigée par Abdelkrim El Houari tout au long de l’année pour asseoir une certaine coutume culturelle au sein de la population de Chlef et ses environs.
Monsieur Hasnaoui nous a abreuvés d’un long prologue en nous citant tous les sites archéologiques de la région de Chlef en s’attardant sur des détails. Il a monopolisé presque toute la durée de l’émission. Ce fut au tour de Monsieur Tiab qui nous gratifia de dates précises concernant l’histoire de Ténès (Carthénnae). La parole fut ensuite donnée à Monsieur Boudia Mohamed qui rectifia quelques données pour arriver à citer les différents saints ayant transité par Ténès, ville d’histoire et de culture millénaire. Il mettra surtout l’accent sur le Saint « Sidi Maâmar Bou Moukohla », « Sidi Mérouane », « Lalla Azziza » ainsi que sur « Sidi Bou Maïza ». Il n’omettra point de citer les noms illustres de Tensi (Grands Ulémas de la région) qui ont ouvert des mosquées et des écoles à Tlemcen sous le règne de Yaghmoracen. Quand à Monsieur Medjdoub, sa contribution a été de rectifier le tir quant à certaines vérités historiques et a apporté des éclaircissements sur pas mal de points importants tout au long de l’émission. Le chroniqueur, en l’occurrence, Monsieur Abdelkrim El Houari n’a fait que diriger les débats et orienter les invités pour donner beaucoup plus de détails aux auditeurs de la radio Chlef qui participent par leurs interventions téléphoniques en apportant parfois des précisions ou en demandant des éclaircissements sur tel ou tel sujet. Il y a eu une participation effective de la part des auditeurs qui se sont engoués pour l’émission « Dhakirate El Madina » et la suivent avec dévouement. Quelques données concernant la ville de Ténès et son histoire ainsi que ses coutumes (Dot et rite nuptial) furent données par Monsieur Boudia Mohamed, écrivain.
En effet, plusieurs peuplades se sont ruées sur les côtes de la Numidie depuis plus de 3000 ans et surtout la côte ténésienne qui a vu déferler, les Phéniciens, Les Carthaginois, Les Romains, Les Vandales, les Arabes, les Turcs, les Espagnols et enfin les Français. L’histoire de Ténès (Carthénnae) est riche et doit être étudiée et mise à jour pour permettre à tout un chacun de trouver son dû dans l’histoire de sa ville ou son pays. Plus de huit siècles avant J.C. les Phéniciens y installèrent leur comptoir de commerce. Des tombeaux phéniciens existent sur la côte de la ville (qu’on appelle actuellement « Ténès El Gouer ». D’après certains historiens, c’est à ce moment-là que la ville fut dénommée « Carthenna » : Cart qui veut dire « Cap » et Thenna qui est le nom de la rivière qui traverse la ville. Durant le règne berbère, Ténès était située dans la Numidie Orientale (Massilia) qui était placé sous le commandement de Syphax. Les carthaginois l’envahirent vers la fin du 3ème siècle après J.C. mais elle en fut délivrée par Massinissa.
Trente ans avant la naissance du Christ, les romains l’envahirent et lui donnèrent définitivement le nom de « Cartenna ». L’empereur romain « Auguste » en fit une colonie pour sa 2ème Légion. Plusieurs mosaïques furent découvertes à Ténès pour prouver la véracité de cette histoire de même que des inscriptions ont été trouvées et portaient le nom de « Caius Fulcinius Optatus » soldat de la 2ème Légion romaine. D’autres inscriptions concernaient la fille Victoria de descendance sénatoriale décrite dans le livre « Le Trésor de Ténès ».
La région fut investie par les Arabes à partir de l’an 675 de l’Hégire par « Abou El Mouhadjir Dinar ». Elle fut dirigée par plusieurs états arabo-musulmans tels les Rustumides (Al Roustoumiyounes), les Idrissides (Al Adarissa), les Mérinides (Al Mariniyounes), les Almoravides (Al Mourabitounes), les Almohades (Al Mouahidounes) et les Zianides (Ezziyaniounes).
A peu près en l’an 900 (263 de l’hégire), les andalous commencèrent la construction d’une nouvelle ville qu’on appelle « Ténès El Hadhar » que les français dénommèrent paradoxalement « Vieux Ténès ». Nous y trouvons une mosquée très ancienne et parmi les plus importantes d’Algérie, celle du Saint patron « Sidi Ahmed Bou Maïza ».
Ténès, en ce temps-là, était considérée comme une ville universitaire de culture et de science et nous pouvons citer parmi les plus illustres de ses enfants :
-Ibrahim Ibn Yekhlef Ibn Abdessalam Abou Is’hak Ettensi
-Ibrahim Ibn Abderrahmane Abou Is’hak Ettensi
-Mohammed Ibn Abdeldjalil Abou Abdellah Ettensi
-Abou El Hassan Ibn Yekhlef Ettensi (Ce dernier créa, avec ses enfants, plusieurs universités à Tlemcen où une mosquée porte actuellement son nom et est utilisée comme musée.
Des savants géographes tels qu’El Bekri et El Yakoubi, ont séjourné à Ténès et l’ont décrite dans leurs différents ouvrages.
Par la suite, Ténès fut occupée par les Espagnols à partir de 1505 puis ils furent chassés par les Turcs dirigés par Khair-Eddine Barberousse en l’an 1516. La ville de Ténès restera sous le contrôle turc jusqu’à l’invasion française.
Le 22 Décembre 1841, le Colonel Changarnier occupa Ténès et ne trouvant plus d’abris pour sa cavalerie, décida de quitter la place pour d’autres contrées à coloniser. Le 28 Avril 1843, le Général Bugeaud partit d’Orléansville vers Ténès et décida de créer le port de Ténès. Il laissera sur la place, le Colonel Cavaignac avec de nombreux travailleurs militaires.
En 1845, Mohamed El Kalii dénommé Boumaza, qui est natif du Vieux Ténès, aidé par quelques habitants de la région de Ténès, se soulève contre l’occupant et mène la vie dure aux troupes françaises dans la région du Dahra. Après deux années de lutte sans merci, et ne pouvant plus soutenir l’effort d’une révolution, fut arrêté et fait prisonnier.